Le Collège D'Études Ostéopathiques de Montréal / lundi 22, décembre 2014

Matthew Lombardi de retour au jeu grâce à l’Ostéopathie

Par Philippe Druelle DO

Professeur au CEO de Montréal.

 

« In October of 2010, while playing for the Nashville Predators of the NHL, I suffered my second major concussion. The post-concussion symptoms were drastic, and forced me out for the entire 2010-2011 season. Hope was dim, until I underwent osteopathy treatment. The results were evidenced by the speed at which I was able to return to my job, and life. I am grateful to this method of treatment, and would encourage those close to me to seek an osteopath for any of their treatment needs.»

-Matthew Lombardi

 

Nous remercions sincèrement Matthew Lombardi pour son témoignage qui nous encourage et qui contribuera à redonner de l’espoir aux personnes ayant subi des commotions cérébrales qui souvent désespèrent de retrouver une bonne santé et une excellente qualité de vie. L’Ostéopathie est spécialement indiquée pour ce type de lésions qui affectent des sportifs de plus en plus souvent. C’est une bonne illustration de l’efficacité de la méthodologie clinique et de la spécificité thérapeutique de l’Ostéopathie. Le collège d’Études Ostéopathiques de Montréal est une institution de pointe en ce domaine.

J’ai rencontré pour la première fois en aout 2011 Matthew Lombardi à Montréal grâce À Kevin Longpré DO qui le soignait et me l’avait référé. Il présentait différents symptômes qui l’empêchait de jouer au hockey et de profiter pleinement de la vie. Suite à trois traitements sa condition s’est beaucoup améliorée et nous avons continué à le traiter jusqu’à ce qu’il puisse aller au camp d’entrainement des Mapple Leafs puis de jouer au sein de son équipe normalement. Les médecins lui donnèrent le feu vert. Athlète de haut niveau, considéré comme un des joueurs les plus rapides de la ligue, au centre d’un trio, il devait faire preuve d’anticipation et de stratégie rapide. Il revint au jeu avec la totalité de ses moyens. Grâce à son talent, il marqua le premier but de la saison. Depuis lors nous le suivons avec Kevin une fois toutes les six semaines environ pour nous assurer que tout fonctionne bien au niveau général. Son enthousiasme et ses qualités personnelles ont été aussi un grand facteur de progrès.

Les commotions cérébrales représentent des accidents graves qui atteignent directement le cerveau et ses fonctions. Les chocs peuvent être directs ou indirects. De nombreux accidentés de la route, du travail, des enfants et de nombreux sportifs deviennent nos patients. La spécificité thérapeutique de l’Ostéopathie représente une solution appropriée pour ce type de problème complexe de santé qui provoque des symptômes physiques et aussi parfois comportementaux.

Les symptômes des patients qui ont reçu des traumatismes crâniens provoquant des commotions sont variés :

Les patients peuvent présenter des maux de tête, des migraines et douleurs sourdes, des engourdissements au niveau du crâne et du corps, des vertiges, des nausées et des vomissements, une sensation de fatigue, de découragement, de vision floue, une sensation de faiblesse, une difficulté dans la prise de décision, des difficultés à lire longtemps, de se concentrer, avec des sensations d’irritabilité, de changement d’humeur, avec un manque de sommeil réparateur.

La perte de concentration peut déclencher des somnolences. Dès que la personne se concentre elle a sommeil progressivement.

Ces symptômes peuvent s’accompagner aussi de troubles de la mémoire, d’apprentissage, de désorientation, d’hallucinations visuelles, de suées, de douleurs cervicales, de dépression, de comportements inappropriés, d’incapacité à travailler, d’inhibition d’action dans les tâches quotidiennes.

Enfin les patients se sentent assommés, étourdis, anxieux de ne pas se sentir être eux-mêmes.

Émotionnellement, les personnes peuvent se sentir fragilisées, avec une sensation de tristesse, en dilemme, hésitants ou présenter des attitudes compulsives, parfois ressentent le besoin d’être confirmées, approuvées, reconnues de manière exagérée.

Parfois, les patients ne savent pas qu’ils ont eu une commotion et éprouvent cependant des troubles chroniques. Ces dysfonctions physiques ou comportementales surviennent parfois immédiatement, quelques temps plus tard ou plusieurs années après. En effet, certaines personnes présentent des troubles parfois 10, 20 ans, 30 ans plus tard quand leur capacité de compensation s’est amoindrie, que la balance hormonale s’est affaiblie. Parfois nous recevons dans nos cliniques des patients entre 50 et 70 ans avec des symptômes qui sont semblables aux séquelles de commotions.

Au niveau des examens classiques :

Il est habituel de faire des X-Rays, des MRI et des tomodensitogrammes mais souvent l’imagerie médicale ne peut détecter les problèmes dus aux commotions cérébrales sauf si la matière cérébrale a été endommagée avec des microhémorragies ou des hématomes par exemple. Le plus souvent sous l’impact du choc il y a des torsions, des effets de rotations, des compressions et des distractions des différentes parties de l’encéphale sans créer des lésions visibles.

En Ostéopathie, la palpation et les tests d’équilibre sont très utiles pour déterminer la présence des zones dysfonctionnelles cérébrales.

 

LA QUALITÉ DE LA PALPATION EN OSTÉOPATHIE

Nous avons été très surpris et satisfaits de constater que nous pouvions déterminer les zones cérébrales en souffrance grâce à une palpation appropriée comme nous avons pu l’objectiver à l’Institut Chévénov à Saint Petersbourg dans le département de physiologie évolutive et de biochimie avec le Pr Alexandre Shépolvanikov PhD et Yuri Moskalenko PhD par l’ électroencéphalographie tridimentionnelle et par le dopler transcrânien. Nous avons pu constater une baisse d’activité métabolique, systémique du cerveau dans les zones qui avaient été affectées par un choc traumatique. Lors de l’expérimentation en double aveugle la main de l’ostéopathe a été capable de désigner avec précision et à chaque fois la zone affectée et de la traiter afin qu’elle soit mieux vascularisée et fonctionnelle. Les mesures objectivèrent une reprise de l’activité systémique vers la norme suite au traitement ostéopathique endocrânien.

 

Mesure de l’activité systémique du cerveau après la normalisation et la stimulation des  ventricules latéraux et du système limbique. L’activité passe de 0.17 à 0.11. La norme est  0.10.

Mesure de l'activité systémique du cerveau après la normalisation et la stimulation des ventricules latéraux et du système limbique. L'activité passe de 0.17 à 0.11. La norme est 0.10.

 

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES COMMOTIONS ET L’EFFICACITÉ DE L’OSTÉOPATHIE.

Une personne qui reçoit une commotion aura des réactions variables suivant ses antécédents, son état moral et son environnement. Pour aborder cette complexité, L’Ostéopathe comme un «ingénieur du corps humain » selon l’expression du Dr Still teste et analyse les différents mécanismes qui peuvent être impliqués directement ou indirectement lors de ce traumatisme.

Il vérifiera un certain nombre de mécanismes pour tout le monde mais il devra faire un traitement spécifique pour chaque personne en particulier dépendant aussi des atteintes qu’elle a reçues dans le passé avant la commotion.

Parfois un patient ne sait pas qu’il a subi une commotion cérébrale mais l’Ostéopathe est capable de dépister rapidement la zone de l’impact. Si la perte de conscience est un excellent indicateur, parfois les patients peuvent avoir une commotion sans perdre la conscience contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent.

De plus en plus de sportifs et d’accidentés se tournent vers les Ostéopathes à cause de son efficacité. Au collège d’Études Ostéopathiques, nous avons bâti des protocoles de traitements qui s’adaptent à chaque cas en particulier de commotion. Au niveau de l’enseignement postgradué nous avons monté un cours en 4 étapes pour soigner, mieux comprendre les dynamiques du cerveau, comment soulager notamment les conséquences et les causes dysfonctionnelles qui affectent le cerveau.

Chaque cas est unique. Nous devons examiner la surface de contact avec un choc direct et les répercussions à distance ou chocs indirects dans la colonne cervicale, les têtes des côtes, les subluxations vertébrales, les tensions sur les attaches, les fascias et le système vasculaire notamment la carotide. Les progrès apparaitront quand un certain nombre de mécanismes seront remis en fonction, recommenceront à interagir ensembles, la plasticité neuronale s’améliorera et ainsi le cerveau se réorganisera au fur et à mesure que nous permettons plus de mobilité et de santé.

Cependant un facteur est dangereux et doit faire partie de notre anamnèse : Plus le joueur a été pris par surprise plus les dégâts et les séquelles seront grands, dans l’angle mort, expression devenue tristement courante dans le monde du hockey.

Nous vous proposons une méthodologie clinique et des sites stratégiques que nous évaluons et traitons chez la plupart des patients présentant des séquelles de commotions cérébrales :

1. La première étape est de normaliser les lésions discocorporéales ou subluxations, spécialement celles situées dans les dorsales hautes. Ce type de lésion affecte la vasomotion par des forces de séparation ou de compression sur les ganglions sympatiques entrainant des troubles d’adaptation du flux sanguin dans les tissus en activité dans la sphère crânienne. Plus un tissu travaille plus il a besoin de sang. Ce phénomène naturel et involontaire suite à une commotion devient dysfonctionnel et à la longue va toucher la qualité de la vascularisation donc les fonctions, l’efficacité du drainage et celle des défenses immunitaires localement et à distance.

2. Ensuite la charnière C0-C1-C2 permettra aussi une meilleure vascularisation de l’endocrâne. Le ganglion cervical supérieur, la perforation de la duremère par l’artère vertébrale, le fait qu’elle fait un trajet avec un coude à 90 degrés sont des facteurs déterminant et essentiels pour l’intégrité de la santé. La translation dans le phénomène de la pseudorotation est le paramètre le plus dommageable à cause de l’artère vertébrale et des tensions sur la duremère.

 

3. Le trou déchiré postérieur peut être lésé avec la conséquence importante de la compression du nerf vague qui s’anastomose avec les premiers nerfs rachidiens cervicaux et le premier ganglion sympathique. Si le nerf parasympathique a des dysfonctions c’est une grande partie des fonctions viscérales qui seront affectées.

 

4. Le trajet de la carotide depuis le tronc brachiocéphalique doit être libre de toutes formes de contraintes. Nous nous sommes rendus compte que le risque se situe principalement lorsque la carotide coude à 90 degrés dans la partie pétreuse du temporal. Nous avons observé beaucoup d’améliorations lorsque nous relâchions les tensions intraosseuses de la partie pétreuse et aussi les tensions qui s’exerçaient sur les parois de la carotide. Nous avons mis au point des méthodes spécifiques pour obtenir un bon résultat dans cette région. En réalité beaucoup de troubles s’effacent spontanément lorsque nous libérons la carotide et les structures qui l’entourent. L’artère cérébrale moyenne à elle seule est responsable de 70 % de la vascularisation du cerveau.

5. Le siphon carotidien est une des clefs de l’adaptation vasculaire cérébrale. De plus, dans la partie pétreuse nous avons aussi plusieurs éléments qui interviennent dans l’équilibre et dans la bonne gestion de plusieurs fonctions adaptatives cérébrales : le nerf carotidien interne, le nerf pétreux profond qui se rend au ganglion sphénopalatin, le nerf facial, le gd nerf pétreux, le ganglion géniculé, la cavité tympanique, le système vestibulaire etc…..

6. la fosse postérieure, le tronc cérébral sont des endroits stratégiques et fragiles toujours affectés par une commotion. Surtout dans les coups du lapin ou whiplash, la masse cérébrale est projetée contre le foramen magnum avec souvent des micro hémorragies ou des états commotionnels. Cette région est en rapport avec le système nerveux autonome, les fonctions vitales cardiaque, pulmonaire et digestive, la majorité des fonctions liées à la maintenance du processus de vie, le quatrième

ventricule, le passage du LCR avant de se rendre dans le canal de l’épendyme, la racine de la majorité des nerfs crâniens, la coordination etc…

7. Lors d’un traumatisme la physiologie de l’encéphale, l’aspect solide, le« fluid flow », le « blood flow» et la répartition des champs électromagnétiques principalement ceux émis par la région thalamique sont vitaux pour l’activité systémique globale des fonctions du cerveau. Il est donc important de travailler tous ces niveaux selon les besoins du patient. Les personnes ayant subi une commotion ont pratiquement toujours des spasmes endocrâniens ou zones dysfonctionnelles cérébrales affectant les fonctions qui en dépendent.

8. La pompe vasculaire entre les artères superficielles comme celles de la pie mère et les artères profondes comme l’artère basilaire est essentielle. Elle assure la dynamique et la régularisation des rythmes liquidiens dans l’endocrâne. Nous avons démontré avec le Pr Yuri Moskalenlo PhD que cette synergie surface / profondeur n’existait pratiquement plus chez les personnes ayant subi des traumatisme crâniens et qu’elle retournait vers la norme suite au traitement endocrânien ostéopathique.

9. Les ventricules latéraux ont une action indirectement sur le système limbique, sur la dynamique de la fluctuation du LCR et la région du troisième ventricule et du thalamus. La technique doit être effectuée le plus souvent possible car elle augmente l’activité systémique du cerveau de manière significative comme nous l’avons observé dans le département du Professeur Chépolvanikov PhD. Cette action permet selon nos observations de développer un facteur important de réhabilitation pour la plasticité neuronale.

10. Le troisième ventricule a une action directe en raison de sa proximité avec la région du thalamus et des noyaux gris centraux. La technique stimule cette région en lui permettant de retourner vers la norme, avec une meilleure régulation des fonctions thalamiques, hypothalamique et de l’hypophyse. Les effets sont puissants pour la synergie des fonctions cérébrales, la régulation des pressions endocrâniennes, la vasomotion, l’impédance etc…..comme nous l’avons constaté avec le Pr Yuri Moskalenko, PhD.

 

Le dr Sveltana Markovets MD, spécialiste du dopler transcrânien à l'institut Chevenov, département de physiologie évolutive et biochimie à St-Petersbourg.

 

Philippe Druelle DO, professeur au Collège d'Études Ostéopathiques de Montréal, Durant l'expérimentation à l'institut Chévénov, faisant la technique du troisième ventricule à un enfant ayant subi une commotion cérébrale.

 

Conseils pour traiter les patients atteints de commotions cérébrales

Il est important tout d’abord de croire en leur malaise et leur souffrance. J’ai rayé de mon vocabulaire depuis longtemps les mots subjectif, psychologique pour parler des causes de leurs difficultés. Il est important de travailler avec douceur et précision et d’agir avec discernement. Je vous conseille de leur expliquer les raisons de votre travail et de les tenir au courant de la progression et de la réhabilitation de leurs tissus.

Dans le cas où le patient présente de la souffrance ou si la commotion est récente. Il est souhaitable de commencer à travailler en périphérie comme à partir du sacrum pour influencer la base de l’endocrâne et l’équilibre réciproque des membranes duremériennes à distance. Il est très indiqué de commencer localement avec la palpation en utilisant le protocole 2 à cause de sa délicatesse et parce que nous influencerons les tissus à travers le médium des liquides.

En Ostéopathie, nous savons aussi que ce type de méthode est excellent pour lutter contre l’inflammation et l’irritation des nerfs.

L’inflammation cérébrale est un véritable fléau pour la réhabilitation fonctionnelle des tissus. Si elle est un phénomène naturel très important il est souhaitable qu’elle soit temporaire.

William Garner Sutherland parla du « mouvement dans le mouvement » à ce niveau. Il expliqua qu’à travers la fluctuation du LCR. Il y a un mouvement qui dirige naturellement ce Fluid Flow vers la région en souffrance. La compression des ventricules latéraux augmente considérablement l’activité systémique du cerveau. (Pr Alexander Chépolvanikov, PhD,

Philippe Druelle DO, 2007). Généralement dans le protocole des soins, nous faisons souvent les ventricules latéraux pour stimuler les fonctions cérébrales et leurs interrelations.

Cela stimule aussi la plasticité neuronale, la qualité des échanges synaptiques et la production des neuromodulateurs comme la sérotonine, la noradrénaline, le Gaba, l’acéthylcholine etc…

William Sutherland DO et Rollin Becker DO introduisirent la notion de « Challenge the Potency ». Il s’agit d’une stimulation douce des mécanismes de physiologie dans une zone en souffrance afin d’augmenter sa capacité de régénération. Cela fait partie aussi de la routine de faire ce processus après le premier point neutre pour avoir un meilleur équilibre et pour avoir une meilleure vitalité dans cette zone. Nous pouvons faire ce travail en protocole 1, 2 ou 3.

La fréquence des soins.

Il est préférable de traiter un patient peu au début mais plus souvent. Chaque jour un peu, maximum 10 minutes à un quart d’heure. Il est aussi nécessaire de prendre son temps pour l’écouter. Puis, dès que nous sentons un progrès nous augmentons la longueur du traitement généralement au bout d’une semaine et nous espacerons alors les traitements. Les tissus et les mécanismes ne peuvent prendre plus que la capacité de leur résistance.

 

Conseils pour la remise au jeu.

L’Ostéopathe doit accompagner le sportif sur son terrain d’activité pour le remettre en situation, ce qui peut être stressant pour le patient. Le stress est un facteur déclenchant des symptômes.

Nous avons créé une série d’exercices pour faciliter la remise en jeu durant la convalescence avec contrôle au niveau de la pression cardiaque et des battements cardiaques.

Nous avons découvert que généralement les personnes atteintes de commotions graves souffrent de dysfonctionnement de la pression artérielle et d’une réaction plus lente pour le temps de récupération après un effort explosif parfois de moins d’une minute.

Nous avons imaginé trois (3) exercices pour le début de la remise en condition :

1- Nous demandons au joueur de patiner le plus vite possible entre des plots posés sur la glace à intervalle régulier.

2- Nous recommençons mais il doit mettre un but à une place choisi par l’évaluateur. Exemple en haut à droite. Cela augmentent le stress et la concentration.

3- Ensuite nous le faisons avec un autre joueur qui lui fait obstacle. Il doit le passer et mettre un but à un endroit choisi.

Lors de ces exercices nous prenons la tension artérielle avant et après chaque effort intense ainsi que le nombre de pulsations cardiaques. Nous pouvons apprécier alors les progrès de son système cardio respiratoire à l’effort en relation avec la dynamique du cerveau.

Prenons un exemple : Après les traitements endocrâniens, nous avons constaté que 5 fois de suite le pouls d’un joueur était devenu constant soit 149 pulsations par minute après chaque effort intense et présentait après une minute de repos une récupération à 70 pulsations. Auparavant, nous avions des irrégularités et la présence de symptômes dès que le nombre de pulsations devenait trop élevé. La tension artérielle s’était normalisée aussi après les traitements endocrâniens. Elle était de 160 sur 100 au début après la commotion et s’est stabilisée à 130 sur 85 après les traitements endocrâniens. Lorsque nous constatons ce phénomène, nous savons alors que son système général a récupéré une parfaite homéostasie. Ce phénomène s’est produit avec de nombreux sportifs. Nous pourrons en tirer une loi après une période de recherche. Il semble qu’il y ait un parallèle entre l’état commotionnel cérébral et la dysfonction au niveau du temps de récupération et la tension artérielle.

Quand un joueur de hockey revient au jeu, il doit le faire en confiance et s’entraine à la mise en échec. Ce que tout ostéopathe redoute en silence. À cela nous pouvons apporter quelques conseils :

1- Le joueur doit reprendre son poids de forme, Un joueur peut perdre suite à l’inactivité environ de 5 à 10 kg.

2- La musculation liée à une bonne respiration est primordiale.

3- Éviter les surprises. Je conseille d’avoir des yeux tout autour de la tête et sérieusement de ne jamais si possible recevoir un choc de manière perpendiculaire.

4- Certains exercices en Aïkido, permettent de dévier la course du joueur de l’équipe adverse.

5- Ne pas fuir le choc quand il est inévitable.

Par la suite, la période de remise au jeu doit se faire progressivement. À ce moment, il est important qu’aucune pression mentale ou morale ne soit exercée sur le joueur quant à ses résultats. Il doit « s’amuser. » La satisfaction du jeu et la motivation sont primordiales pour le cerveau lui même, pour sa plasticité. Au départ, le coach et l’équipe médicale vont à la fois considérer le joueur comme un des membres de l’équipe et en même temps répondre aux besoins uniques d’une personne qui fait l’apprentissage de la santé, qui est en progression, même s’il n’a plus de symptômes.

Pour conclure nous avons été heureux d’aider Matthew Lombardi et nous espérons que le travail que nous faisons en Ostéopathie sera apprécié par les ligues et les différentes organisations de santé. Au Canada de nombreux adolescents souffrent de commotions dans

les ligues mineures. Il faut que le sport reste un jeu basé sur le dépassement de soi et non pas sur les blessures des autres. La mise en échec bien faite empêche l’autre joueur de bouger ce qui est le but et non de lui porter des coups à la tête, charger pour blesser est inadmissible. Je crois aussi qu’un certain public a sa part de responsabilité en confondant un hockey intelligent, brillant, stratégique avec un combat de gladiateurs. D’autre part si un joueur a eu une commotion, la suivante sera toujours plus dommageable. 1+1 ne font pas 2 mais 5, parfois 10 et de manière dramatique 100.

Nous aimerions faire plus pour coordonner nos efforts. Nous ouvrirons l’année prochaine, certainement en Février, une clinique spécialisée pour les commotions au Collège d’Études ostéopathique sur Drummond et Maisonneuve. Le but sera de collecter tous les progrès en ce domaine et de donner les meilleurs soins possibles aux sportifs et aux accidentés. Nous souhaiterions organiser des soins aussi, en alternance, avec des praticiens référents. Cela donne de très bons résultats. Déjà des joueurs de football américains, de rugby, des skieurs et des personnes suite à des accidents de la route se placent sur une liste qui s’organise. Si certains d’entre vous souhaitent faire partie de ce projet envoyez moi un email. Ils seront les bienvenus.

Personnellement, je donnerai deux jours de cours pour commencer, pour partager avec à mes collègues les méthodes qui permettent de dégager les causes des dysfonctions dont le travail des lésions intra osseuses de la partie pétreuse et le travail du trajet de la carotide, certainement en avril ou lors du symposium.

 

En vous souhaitant le meilleur pour vos patients.

 

Philippe Druelle DO

Président Collège d’Études Ostéopathiques

 

Témoignage personnel

J’ai eu deux commotions dans ma vie. Je suis né avec les forceps très difficilement.

Puis lorsque j’avais 10 ans, j’ai eu un accident grave et je suis tombé de deux mètres de haut sur l’arrière de ma tête, sur la partie haute de mon occiput à droite. J’ai ressenti une douleur pénétrante et mon père qui passait par hasard sur ce chemin m’a pris dans ses bras. Peu de temps après j’ai perdu la vue pendant une journée.

Je me souviens que par la suite j’ai développé des céphalées. Quelques temps plus tard des migraines ophtalmiques qui furent augmentées par la prise répétitive du vaccin BCG qui ne prenait pas sur moi. (7 en tout produisirent un effet de toxicité sur les tissus commotionnés ).

J’avais parfois du mal à me concentrer mais j’ai développé ma mémoire. J’avais des céphalées mais le sommeil devint mon médicament principal, je ne percevais pas la totalité de ce qui m’entourait à l’extérieur mais j’ai appris à sentir les autres à l’intérieur, les ambiances et à reconnaitre ma place, me tenir debout mais peut être pas comme les autres personnes. À chaque fois que je progressais, j’avais l’impression de revenir chez moi, un chez moi que je n’avais pas quitté mais dont je pouvais profiter de mieux en mieux.

Ensuite, d’un seul coup, les progrès ont été spectaculaires et rapides vers l’âge de 19 ans. Puis j’ai dû attendre de faire mes études en ostéopathie pour rencontrer les personnes qui me soulagèrent en grande partie.

Ensuite en 1982, j’ai commencé des recherches pour travailler directement le cerveau…puis j’ai enseigné depuis 1988 ce qui soulageait les patients et mes collègues à qui j’enseignais m’ont soulagé à leur tour à 100 %.

J’ai vécu les séquelles de commotions et comprend la souffrance et l’incompréhension que l’on ressent de ne pas pouvoir expliquer complètement ses sensations. Le pianiste a du mal à jouer la musique de son destin avec un piano un peu désaccordé mais il développe un savoir jouer la mélodie de sa vie qui est juste. Ensuite une fois guéri, il gardera les qualités qu’il a développées, un certain savoir exister : faire mieux que l’essentiel.

J’ai suivi mon chemin et je suis heureux de le partager aujourd’hui. Dans la vie il y a toujours des personnes qui sont là pour vous aider à avancer. Nous ne sommes pas seuls.

 

Montréal le 14 décembre 2011