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Ostéopathes sans frontières au Pakistan
MISSION HUMANITAIRE AU PAKISTAN – ETE 2007. avec Osteopathic Without Borders et le collège d´Études Ostéopathiques
CARNET DE VOYAGE avec Sylvie Erb, D.O.
Ce 20 juillet, notre trio composé de Katia Isaac-Villette, nouvelle graduée et Faisal Naqvi, finissant, a fait confiance et a décídé de réaliser la mission humanitaire comme prévu, malgré les nouvelles alarmantes d´attentats au Pakistan. Nous nous sommes embarqués pour un long voyage vers Lahore, la capitale, malgré les nouvelles quasi journalières de troubles violents causés par des groupes fondamentalistes et l’instabilité du gouvernement. Nous avions raison de faire ce pari. Comme souvent, les médias mettent l´emphase sur les quelques individus qui ont interêt à causer des conflits, et ne donnent aucune information quant à la vie qui continue normalement pour les 165 millions de Pakistanais.
Comme beaucoup de pays en voie de développement les contrastes sont forts au Pakistan. Une petite population très aisée et bien éduquée cotoie une majorité pauvre. Il y a un bon système médical, avec beaucoup de médecins qui ont étudié à l’Ouest et des équipements modernes, mais des capacités limitées. Plus de la moitié des physiothérapeutes par exemple émigrent à l’Ouest.
En 2006, j’étais allée deux fois travailler au Pakistan avec deux objectifs : pour soigner les connaissances de mon amie Aleema Khan, une personne convaincue des bienfaits de l’ostéopathie, et pour traiter au Cachemire les victimes du tremblement de terre d’octobre 2005. J’avais eu l’occasion de rencontrer le Dr. Pervaiz Iqbal, chirurgien-orthopédiste, professeur dans un hôpital universitaire, un pionner qui a introduit beaucoup de nouveautés dans son hôpital. Dès qu’il a entendu parler des concepts et de léfficacité de l’ostéopathie, il a été intéressé à la promouvoir dans son pays.Il est l’un des trois étudiants qui ont souhaité commençer leur première année en Suisse au SICO, au mois de septembre. La fondation que nous avons créée avec Aleema Khan et Philippe Druelle à New York, “Osteopathy Without Borders”, a financé leurs études. C’est lui qui organisa notre semaine de travail à Shaik Zayed Hospital. Grâce à son ancienneté, sa réputation et sa belle nature, nous avons eu un accès exceptionnel à tous les départements de l’hôpital.
Nous avons commencé notre semaine par une rencontre avec le chairman de l´hopital, le professeur Anwar Khan, un gastro-entérologue qui était lui aussi très heureux d’accueillir une nouvelle médecine pour aider les patients et permettre à l’équipe médicale d´ être plus efficace.
Katia et Faisal étaient très à l’aise pour traiter de manière
autonome, et ils ont démontré un haut niveau de compétence et de dévouement. Nous avons dès le lundi matin commencé à traiter des patients externes qui venaient à leur rendez-vous pour de la rééducation. Les traitements habituels consistent essentiellement á un travail avec des machines, et si les physiothérapeutes et assistants montraient une certaine réserve, ils participaient néanmoins grâcieusement pour sélectionner les patients et traduire.
Faisal venant d’une famille d’origine pakistanaise et parlant couramment l’Urdu, sa présence a rendu la communication énormément plus facile. Nous avons aussi été rejoints par Haider Ali et Usmara Zafar, un couple de physiothérapeutes travaillant dans un autre hôpital, qui sont les deux autres étudiants envoyés en Suisse au SICO, pour leur première année par OWB. Ils ont ainsi pu faire leurs premières journées cliniques. Les patients ont très bien répondus, certains de façon spectaculaire. J’avais déjà remarqué lors de mes précédents voyages que les progrès étaient plus marqués au Pakistan que dans ma pratique habituelle, constation partagée par nos collègues des missions au Pérou.
L’après-midi, nous sommes allés dans le département d’orthopédie. Faisal a pu traiter un garcon de 6 ans qui souffrait d’une contracture ischémique du bras gauche, suite à un bandage trop serré après un traumatisme. Il était en flexum presque complet du coude, avec flexion du poignet et des doigts. L’interne de service fut très surpris lorsque 45 minutes plus tard il avait récupéré une extension presque complète du coude et des doigts. Quand nous avons refait le tour du département, le jeudi soir, il avait été renvoyé chez lui, les médecins ayant renoncé à l´intervention chirurgicale qui était prévue.
Nous avons aussi eu l’occasion de traiter un homme atteint d´une pseudarthrose, juste avant sa 3e operation, son corps ayant rejeté les vis à chaque fois. Une belle occasion de travailler l´équilibre réciproque des tensions et les méthodes en rapport avec les champs electro-magnétiques après lui avoir redonné un axe du corps aligné et mobile.
Quand nous sommes retournés voir une personne amputée du fémur (suite à une blessure par balle) que Katia avait traitée, sa mère a transmis ses remerciements chaleuresement.Une belle émotion pour Katia, devant la profonde reconnaissance de la famille. Sa douce blondeur avait aussi un effet sur bien des hommes croisés dans l’hôpital, qui la regardaient fascinés. Elle a fini par s’y habituer.
Chaque matin nous travaillions dans le service externe de rééducation. Le mardi après-midi, nous avons pu travailler dans le département de pédiatrie. De nouveau nous avons rencontré des internes très intéressés et ouverts d’esprit. Une petite fille de 2 ans et demi avait des douleurs extrêmes pour uriner. Elle a dormi pendant tout son traitement auquel elle a bien répondu. Tous les tests médicaux s’étaient révélés négatifs, et en parlant avec la mère et la tante, qui étaient ouvertes et intelligentes, il est devenu clair qu’il y avait une situation d’abus par un oncle. Le médecin a tout de suite accepté cette explication et un plan a été mis en place. Elle est retournée chez elle le lendemain, sans éprouver de la douleur à la miction, guérie, comme beaucoup des enfants que nous avons traités en collaboration avec l´équipe médicale, pour des diarrhées ou des pneumonies.
L´ostéopathie a une grande valeur en rétablissant la vasomotion et en permettant plus de mobilité aux lobes pulmonaires. Nous avons aussi traités trois enfants avec des retards de développement neuromoteurs.
Le mercredi matin, nous sommes allés présenter l’ostéopathie à l’hôpital Shalamar, un hôpital qui fonctionne grâce à des dons privés, lors du colloque hebdomadaire des médecins. Le médecin-chef de l’orthopédie, le Dr. Wakar Faruqui, nous a invite à démontrer notre travail, ce que nous avons pu faire le vendredi matin, traitant des patients internes et externes, ainsi que des membres de familles de donateurs, qui souhaitent possiblement financer la venue d’ostéopathes dans le future pour soigner la population. A suivre…

Le mercredi après-midi nous avons été invités dans le service de gastro-entérologie du Dr Shaik Zayed, et là comme pour Faisal le lundi, je regrette de ne pas avoir eu la présence d’esprit de prendre une photo avant le traitement de cet homme qui souffrait d’une ascite extrèmement sévère, due à une hypertension portale occasionée par un foie affecté par une hépatite (maladie très fréquente dans ce pays). Il semblait avoir un oreiller sous son kamiz. A mesure que la pression dans son thorax diminuait avec le relâchement des fascias entre la colonne et le péricarde, nous pouvions voir le volume de son abdomen diminuer. Tous les patients avec des maladies chroniques du foie ont bien répondus au traitements d´ostéopathie. Une femme qui était faible et malade, au teint jaune et déprimée, fut rapidement soulagée et progressivement avait récupéré une couleur de peau normale et un généreux sourire. Nous pûmes le constater lors des tournées de feed-back que nous faisions régulièrement..
Le jeudi matin, dernière matinée au service de rééducation à Shaik Zayed, notre dernière patiente nous a donné l’occasion de voir le sacrum le plus antérieur et « depressed » de notre carrière. A 17 ans elle souffrait de fortes douleurs articulaires depuis l’âge de 12 ans, suite à plusieurs chutes. Nous avons pu la soulager. Les patients étaient très participants, et recevaient leur traitement avec simplicité et sans réticence malgré le contact physique rapproché des manoeuvres ostéopathiques. Quand nous avons un contact honnête et que nous souhaitons faire du Bien aux patients avec respect, les barrières culturelles et religieuses se font moins sentir. Plusieurs patients sont venus nous manifester leur gratitude et leur appréciation, et comme ça se passe chez nous, ils nous ont envoyé les membres de leur famille. Il était temps de partir sous peine de décevoir trop de monde.
Nous avons passé le jeudi après-midi dans le service de neurologie, où nous avons pu traiter des cas de patients polytraumatisés ou présentant des ACV, méningite ou migraine sévère. J’ai aussi pu démontrer l’efficacité de l’ostéopathie au professeur Anwar Khan, qui a ainsi pu résoudre son problème d’épicondylite, comme il me l’a confirmé quelques semaines plus tard.
De toute évidence, cet accès à tous les services de l’hôpital a été très intéressants pour nous. Une occasion unique de présenter l’utilité de l’ostéopathie en milieu hospitalier, où les patients peuvent être aidés rapidement et à moindre coût.
La visite que nous avons faite le jeudi soir nous a permis de confirmer la solidité des résultats. Les familles ont bien transmis le message aux infirmières, qui ont même rapporté qu’une patiente avait voulu se faire réadmettre après sa décharge pour avoir accès à un autre traitement. Nous espérons que le message a complétement passé vers les médecins aussi qui ont été très intéressés, de façon à créer un “buzz”, une bonne réputation, en tout cas une ouverture pour faciliter l’installation d’une médecine ostéopathique au Pakistan. Suite à nos discussions, Haider l’a déjà compris: “Pakistan could be the country where osteopathy develops to its fullest potential.”
Nous avons insisté le vendredi matin à l’hôpital Shalamar pour pouvoir travailler dans le service de médecine interne et pas seulement avec les patients de physiothérapie comme ils avaient prévu. L´ostéopathie est aussi très utile dans l´équipe pluridisciplinaire de santé car elle relance la physiologie des patients et rend les traitements médicamenteux et chirurgicaux plus efficaces. Faisal traita un patient qui a déchargé toute sa peine d’avoir perdu sa mère deux ans auparavant, avec une simple équilibration du plexus solaire. Ceci a tout de suite permis au personnel médical de se rendre compte que l’ostéopathie était une médecine utile et complémentaire qui avait sa propre spécificité thérapeutique.
Avant de commencer notre voyage vers les Régions du Nord, pour la deuxième partie de notre mission, nous avons encore eu l’occasion de visiter l’hôpital charitable pour cancéreux “Shauqat Khanum”. Il a été créé par Imran Khan, idole des pakistanais pour avoir amené leur équipe de cricket à gagner la coupe du monde en 1992, et qui se trouve être le frère de mon amie Aleema.
Nous avons été très impressionés par la haute technologie, la
propreté et l’atmosphère fluide, dans un cadre paisible idéal. C´est le seul hôpital pour cancéreux, il ne peut traiter que 8000 des 200.000 patients par année atteints de cancer dans le pays. Il s’opère donc une sélection drastique des patients avec les meilleurs pronostics, ce qui explique peut-être aussi l’énergie de santé qui y règne. Le médecin-chef et le chirurgien orthopédiste nous ont invité à venir y travailler lors de notre prochaine mission, et tout de suite, nous avons accepté avec enthousiasme. Notre intérêt était double : en plus d’offrir des soins d’ostéopathie dans le service de cancérologie dans l´équipe de santé, nous pourrions bénéficier d’équipements informatiques de pointe et d´appareils d’imagerie fonctionnelle qui permettraient de faire des recherches pertinentes pour le plus grand bien des patients.
Beaucoup de portes se sont ouvertes durant ce voyage.Nous avons pris conscience que les médecins et que la population souhaitaient que l´ostéopathie prenne racine au Pakistan mais aussi nous avons fait la merveilleuse expérience de constater qu´elle avait sa place au sein de l´équipe pluridisicplinaire de santé à l´hôpital comme discipline à part entière où elle contribue à apporter des résultats précieux.
Nous avions planifié de travailler une semaine en ville à Lahore, et une semaine dans les Régions du Nord, pour, dès le début, offrir un accès plus large à l’ostéopathie. Le Pakistan est un grand pays, avec un nombre illimité de villages reculés qui pourraient bénéficier de nos missions humanitaires. Nous avons commencé par le village de Hoper, dans une vallée de 8 à 10.000 habitants, que j’avais traversé deux ans auparavant, et où j’y avait traité quelques enfants. Le village avait un BHU, basic health unit, et un petit hôtel. Le voyage lui-même était une aventure, la grande question étant : comment allions nous atteindre notre destination? Le choix, dicté par la météo était 45 minutes de vol ou 16 heures de voiture jusqu’à Gilgit, la capitale de la province. Des vues grandioses dans les deux cas, dans les hautes Karakorams, qui comptent le plus de montagnes de 8000 mètres au monde, mais la préférence était claire au niveau pratique. Les éléments, et les connections de notre ami Sohail, mari d’Aleema, nous ont été favorables. Après maintes péripéties et à la dernière minute, nous étions tous les quatre dans l’avion. Nous étions quatre car Sohail, homme très dévoué, avait décidé de nous accompagner pour nous aider. Il s’est occupé de toute la logistique et nous a rendu le voyage très simple. Depuis Gilgit, Catchu, fidèle chauffeur et guide de mes amis, nous a rejoint avec sa jeep, et nous a conduit vers Karimabad, capitale de la fameuse vallée Hunza, où nous avons pu faire un peu de tourisme le dimanche. Après encore une heure et demie de route très cahoteuse, nous avons rejoint Hoper, dernier village en haut de la vallée, où nous avons rencontré le Dr. Wajahat. Nous nous sommes installés dans une maison d’accueil du gouvernement très rustique, sans eau chaude, sans eau du tout pour une des deux chambres. Nous avons utilisé des bidons, et de l’eau chauffée à la cuisine, mais, depuis le point le plus haut du village, nous avions une vue extraordinaire sur ces immenses montagnes.
Les assistants du docteur, rencontrés le dimanche soir nous ont fait un peu peur en nous promettant 200 patients pour le lendemain, car notre arrivée avait été annoncée, et une gastro-entérite s’était déclarée dans le village. Le BHU voit habituellement 70 à 90 patients par jour, et le volume est resté cependant heureusement dans les normes. Nous avons réussi à établir un mode de sélection des patients avec le docteur, qui nous écrivait l’anamnèse précise de chacun d´entre eux. Il nous a envoyé surtout des cas chroniques orthopédiques, mais nous avons aussi pu traiter une douzaine d’enfants pour des problèmes infectieux ou de développement. Faisal a du attendre le jeudi après-midi pour traiter deux enfants. Jusque là il n’avait traité que des hommes au-dessus de 50 ans. Dans ces vallées reculées, le mode de vie est comme on pouvait s’y attendre, beaucoup plus traditionnel qu’à Lahore, et les femmes ne pouvaient pas être traitées par un homme. Elle étaient tendues rien que par la présence des traducteurs masculins.
L’anamnèse prit une tournure drôle: Aucun patient n’avait jamais eu de traumatisme, à moins qu’un accident ne les ait laissés blessés ou handicapés. Les accouchements avaient tous été normaux. Pourtant nous avons pu palper les compactions des plus solides, des lésions ostéoarticulaires et des tensions importantes dans la région pelvienne. De toute évidence, ces rudes villageois n’ont pas l’habitude de se plaindre, surtout pas les femmes.
De nouveau les patients ont très bien répondu à leur premier traitement ostéopathique.
Avec Katia nous avons traité un enfant handicapé hypotone, qui nous a fait le beau cadeau de devenir présent, d'établir un contact visuel vers la fin du traitement. Nous n’avions jamais senti un shift de contact d’une telle amplitude.
Avec Faisal nous avons traité un jeune homme qui était allé en Iran pour suivre ses études islamistes. Il avait eu un accident grave là bas et avait reçu des traitements psychiatrique ici.Cet homme paraissait simplet, quoique comprenant tout. Il se laissait diriger comme un enfant par son père, avec un syndrome douloureux de l'appareil manducacteur. Faisal a bien travaillé avec lui pour obtenir plus de mobilité fonctionnelle et de contact.Le Dr. Wajahat, qui, respectant l’hospitalité des montagnes, nous a gentiment invité chez lui le mercredi soir et nous a rapporté un feed-back positif des patients de 70%, ce qui est énorme vu la quantité de cas chroniques chez des patients relativement âgés. Il était lui-même intéressé par la formation et nous a promis des contacts avec les organismes, gouvernementaux et ONGs qui le financent.
Si une école d´ostéopathie voit le jour au Pakistan, il est important que les professionels des régions éloignées puissent avoir accés à ces études. Leurs patients n’ont pour la plupart pas les moyens de recevoir plus que les soins de base donnés dans la clinique. Si le traitement n’est pas efficace, il n’y a pas d’alternative. Non seulement l’ostéopathie traite spécifiquement avec succès un nombre important de dysfonctions mais il augmente rapidement l'efficacité des traitement médicaux pour des infections ou des affections aigües. Je me demandais ce que deviendrait un village ou une vallée après 20 ans de présence ostéopathique ? Quand les habitants d’une région relativement isolée du reste du monde ont accès à leur veritable nature, que vont-ils créer ? Les temps changent, ils ont maintenant la TV, le système scolaire s’améliore, quoique lentement. Bien qu´en bas de l’échelle sociale, pourraient-ils devenir plus maitres de leurs destins dans cette époque de grands changements?
Le manque de confort a créé quelques stress sur la physiologie
de Katia et Faisal, mais avec des traitements d´ostéopathie que nous nous sommes donnés et une adaptation au rythme et à la nourriture, nous avons pu voir chacun 6 à 9 patients par jour.
Nous avons traité le médecin et sa femme, et les traducteurs. L’un d’eux, un jeune instituteur, a écrit une magnifique lettre de gratitude à Katia, exprimant comment notre passage et son traitement, avait change sa vie.
Après un interlude de trekking, je suis restée une dizaine de jours à traiter à Lahore et Islamabad des personnalités qui pourraient soutenir l’installation de l’ostéopathie au Pakistan, soit par des fonds, soit par un soutien politique ou stratégique. J’ai eu l’occasion de visiter un centre pour enfants IMC, où le physiothérapeute a été très impressionné par les changements palpables et visibles sur un bébé de 10 mois. La directrice souhaiterait aussi nous voir travailler chez eux lors de notre prochaine mission.
Avec l’équipe du collège et de la fondation “Osteopathy Without Borders”, il s’agit maintenant de planifier la suite, pour assurer un bel avenir à l’ostéopathie au Pakistan, et dans le monde…
